La Conférence Nationale des Espaces de Réflexion Ethique (CNERER) a constitué un groupe de travail sur le thème de la « déprogrammation » et nous en présentons ici la synthèse. La réflexion a commencé à un moment où la cinquième vague de la pandémie a pu faire craindre une nouvelle surcharge des services hospitaliers. Même si ce débordement n‘est finalement pas survenu la poursuite du travail nous a semblé pertinente pour trois raisons. D’une part le contrôle actuel de la pandémie offre le temps et le recul nécessaires à une démarche de réflexion éthique. D’autre part la déprogrammation de prises en charge des patients précédait et se poursuivra au-delà en raison des faiblesses chroniques du système de santé que la pandémie a exacerbées. Enfin l’expérience vécue doit être exploitée pour corriger les difficultés rencontrées et anticiper les potentielles crises sanitaires à venir.
D’une part le contrôle actuel de la pandémie offre le temps et le recul nécessaires à une démarche de réflexion éthique. D’autre part la déprogrammation de prises en charge des patients précédait et se poursuivra au-delà en raison des faiblesses chroniques du système de santé que la pandémie a exacerbées. Enfin l’expérience vécue doit être exploitée pour corriger les difficultés rencontrées et anticiper les potentielles crises sanitaires à venir.
Le titre même de déprogrammation soulève des questions. Il peut paraitre trop réducteur, négatif et technique mais il a l’avantage de la clarté et d’une relative facilité de compréhension même si les questions soulevées sont plus complexes qu’il n’y parait. La pandémie a provoqué une réduction de l’offre de soins, une réflexion sur les priorisations dans l’accès aux soins y compris pour l’accueil des urgences, et la déprogrammation de prises en charges qui avaient été fixées. Nous verrons que ces trois aspects sont difficiles à séparer et génèrent des situations problématiques pour les patients et les soignants.

