2014 | TOULOUSE

Ateliers de réflexion partagée

Organisé par l’Espace de Réflexion Ethique Occitanie (EREO)

4 thèmes choisis par les participants ont été discutés en ateliers avant la synthèse en séance plénière :

Equité d’accès aux soins, vulnérabilité, précarité : (Béatrice Birmelé et Pascale Vassal)

Les discussions ont été conduites après la présentation de 2 situations cliniques par les animatrices et ont abouti aux questions suivantes :

  • Comment être juste dans la répartition des moyens par rapport aux besoins des individus ?

Cette question est difficile car les acteurs de santé ne sont pas toujours conscients des coûts, les capacités de financement ne sont pas illimitées. Les débats sur les financements relèvent de décisions politiques générales. Il reste difficile de considérer le coût face à une prise en charge individuelle. Les délibérations pluridisciplinaires sont utiles pour éclairer les décisions.

  • Comment concilier précarité et autonomie en fin de vie ?

La notion de vulnérabilité a été discutée : s’agit-il de la vulnérabilité d’un individu, d’une co- vulnérabilité des 2 acteurs (soignant-soigné) ou de la vulnérabilité du lien qui les unit ?

Questions d’éthique dans les maladies du système nerveux : affections dégénératives, états végétatifs et pauci relationnels : (Xavier Ducrocq et Bernard Lange)

Bernard Lange a présenté des notions de base sur les différents aspects et fonctionnement de la « conscience ». Les progrès médicaux, tout en faisant reculer la mort, ne l’ont pas supprimée et ont augmenté la fréquence et la lourdeur de certains handicaps. Dans les unités spécialisées d’état végétatif et pauci-relationnel il s’agit de maintenir la vie malgré le grand handicap. Il est fondamental pour les équipes en charge des déficits neurologiques majeurs d’accompagner les soins en leur donnant du sens.

Confiance : nouveaux enjeux de la relation de soin : (Perrine Malzac et Michel Hasselmann)

La confiance en soin est basée sur un contrat moral implicite. Le cadre juridique a été rappelé par Annagrazia Altavilla. Des nuances dans l’interprétation du mot « confiance » ont été soulignées en faisant référence aux termes anglais : « confidence » et « trust ».

Un contrat formel ne remplace pas et ne garantit pas la confiance, qui relève du domaine de la raison et de la croyance.

Proportionnalité des soins et demandes en fin de vie : (Régis Aubry et Xavier Bioy)

L’actualité de l’affaire Lambert a semblé prégnante alors que 4 cas du même type ont été traités par la cour européenne des droits de l’homme. La présentation d’expériences très diverses vécues par les professionnels a occupé l’atelier avant de revenir aux questions de fond. L’évolution de la société vers une médicalisation et une institutionnalisation de la mort en est une. L’un des rôles des soignants est-il de faire accepter la fin de vie et la mort aux patients et à leurs proches ? Dans les unités de réanimation il peut s’agir, après avoir lutté contre la mort, de l’accepter à l’occasion de certaines complications (tolérer la mort). Le processus de réflexion, la collégialité, la responsabilité de la décision ont été interrogés.